Le Syndrome de Narcisse Revisité!

 

Au quatrième chapitre de son célèbre ouvrage: POUR COMPRENDRE LES MÉDIAS, les extensions de l’homme, Marshall McLuhan tente de nous faire prendre conscience que les technologies que nous utilisons quotidiennement durant notre vie ont, de par elles-mêmes et en elles-mêmes, indépendamment de leur contenu, certains effets sur notre système nerveux et, partant, sur notre esprit.


Dans ce chapitre McLuhan fait une comparaison entre les effets des médias et ce qui est arrivé au jeune grec Narcisse alors que ce dernier était en train de regarder la réflexion de son propre visage dans l’eau d’un étang; et je cite:«Le mythe de Narcisse se rapporte directement à une réalité de l’expérience humaine telle que l’exprime le mot Narcisse lui-même. Ce mot est d’origine grecque (narkosis) qui signifie engourdissement ou narcose. Le jeune Narcisse prit pour une autre personne sa propre image reflétée dans l’eau d’un étang. Ce prolongement de lui-même créé par l’effet-miroir insensibilisa ses perceptions jusqu’à ce qu’il devint le servo-méchanisme de sa propre image reflétée. La nymphe Echo tenta, mais en vain, de le séduire en lui faisant entendre des bribes de ses propres paroles. Il était complètement insensibilisé. Il s’était adapté à cette extension de lui-même et était devenu un système fermé.


Ce qui est important de comprendre dans ce mythe, c’est qu’il nous montre que les êtres humains sont facilement fascinés par tout prolongement d’eux-mêmes dans n’importe quel médium (matériau) autre qu’eux mêmes…La morale du mythe de Narcisse n’implique en aucune façon l’idée que ce dernier fut tombé en amour avec lui-même. Évidemment, il aurait certainement eu des sentiments différents s’il avait su que cette image était un prolongement ou une répétition de lui-même. Sans doute est-ce là un indice de l’orientation biaisée de notre profondément technologique et conséquemment narcotique culture, que nous avons pendant longtemps interprété le mythe de Narcisse comme si ce dernier était tombé en amour avec lui-même et qu’il croyait que la réflexion dans l’eau était bien la sienne.»

Je tiens à répéter ici que ce que McLuhan vient de dire s’applique à toutes les technologies et à ce qu’elles font à notre système nerveux, à notre cerveau et à notre esprit.


MATIÈRE À RÉFLEXION

Voir, percevoir ou utiliser un prolongement de soi-même sous une forme technologique c’est nécessairement s’y soumettre…C’est cette étreinte incessante de notre propre technologie qui nous jette comme Narcisse dans un état de torpeur et d’inconscience face à ces images de nous-mêmes. En nous soumettant constamment aux technologies nous en devenons les servomécanismes. Physiologiquement, l’homme est sans cesse modifié par sa technologie (ou son corps prolonge de diverses façons) au cours de l’usage normal qu’il en fait; en retour, il y trouve des façons nouvelles de transformer sa technologie.»


MIROIR, MIROIR SUR LE MUR, QUE DIABLE FAIS-TU À MON CERVEAU?

La thèse de McLuhan est assez simple en soi. L’évolution de notre civilisation occidentale s’est effectuée sous la poussée de trois inventions technologiques majeures dont les effets subliminaux sont demeurés indétectés même par les plus brillants esprits d’entre-nous. Tout d’abord, il y a eu l’invention (ou l’invasion) de l’alphabet phonétique qui nous a tous poussés dans l’hémisphère gauche de notre cerveau. Par la suite, il y a eu l’invention de l’imprimerie qui a accéléré le processus amorcé par l’alphabet et qui a eu pour effet de nous introduire encore plus profondément dans la façon qu’à l’hémisphère gauche de nous faire percevoir la réalité de notre environnement. Et finalement, la troisième invention fut le télégraphe qui est venu annoncer la révolution électronique dans laquelle nous baignons présentement et qui nous a ramenés bon gré mal gré dans l’hémisphère droit de notre cerveau.


Paradoxalement, et je trouve cela particulièrement surprenant, voire très drôle, Marshall McLuhan, lui-même une victime du Syndrome de Narcisse, a totalement ignoré une technologie qui joue un rôle capital dans notre vie de tous les jours: l’invisible et omniprésent MIROIR! Les miroirs ont fait leur apparition il y a très longtemps dans l’histoire de l’humanité. Les archéologues ont même trouvé des miroirs d’obsidienne polie dans certaines tombes d’hommes de l’Âge de pierre. On est en droit de se demander où avaient-ils bien pu se procurer la technologie pour polir ces pierres en premier lieu.


Pour en revenir au mythe de Narcisse je suis convaincu pour ma part, que ce mythe était tout simplement une façon allégorique de nous faire prendre conscience des effets secondaires (subliminaires dirait McLuhan) des miroirs: narcose ou insensibilisation. Évidemment, le pouvoir mesmérisant du miroir est à tel point pernicieux qu’il a même échappé à la sagacité de ce génie des médias que fut McLuhan. Il s’est servi du mythe de Narcisse pour nous expliquer sa théorie à propos des retombées psychiques de nos inventions technologiques! Il y a de quoi se tordre de rire, vraiment.


Et bien, comme vous commencez à le soupçonner, le miroir n’a pas échappé à ma sagacité et il n’échappera pas non plus à la vôtre dès que vous aurez pris connaissance de ce qui suit. Maintenant, je dois demander à mon lecteur de retourner au début de mon exposé et de remplacer la phrase suivante: Le jeune Narcisse prit pour une autre personne sa propre image reflétée dans l’eau d’un étang, par celle-ci: Le jeune Narcisse prit pour une autre personne sa propre image reflétée dans un miroir. Et voilà, BINGO! Maintenant nous savons comment les miroirs nous affectent: ils nous rendent insensibles à une partie de nous-mêmes, ils nous anesthésient. Ici je recommande au lecteur d’aller consulter le chapitre quatrième de «Pour comprendre les médias». Cela vous donnera une excellente idée de ce dont je parle ici.


Que se passe-t-il lorsque nous nous regardons «dans» un miroir? Je dis bien «dans» et non pas regardons «le» miroir, parce que lorsque nous faisons face à un miroir, nous regardons une image renversée de nous-même dans une dimension ou une profondeur imaginaire et nous ignorons totalement le fait qu’il y a un MIROIR entre notre image renversée (sinon renversante) et notre corps. Le visage que vous êtes en train de regarder n’est pas votre vrai visage. C’est un visage inversé. Le côté gauche de votre visage est devenu le coté droit du visage de l’inconnu qui se tient devant vous et qui vous regarde droit dans les yeux. Peut-être penserez-vous que cela n’est pas très important; cependant il y a une attrape. L’hémisphère droit de votre cerveau qui a la faculté de lire et comprendre les visages n’est pas capable de comprendre ce qu’il a devant lui. Tout est renversé; essayez de lire un livre qui fait face à un miroir et vous verrez ce que j’essaie de vous expliquer. Le visage que vous voyez dans le miroir est une illusion et l’image mentale que vous en retirez est fausse. Ceci a pour la fâcheuse conséquence que les gens que vous rencontrez voient sur votre visage un masque dont vous ignorez toute la signification. Vous arrive-t-il parfois d’avoir l’impression d’être incompris, que les gens ne semblent pas vous voir pour ce que vous êtes en réalité?


Si l’on s’en rapporte au mythe de Narcisse, notre système nerveux réagit par une sorte d’auto-insensibilisation d’une partie de lui-même pour se protéger. Autrement dit nous perdons contact avec une partie de nous-même et de la réalité.


J’ajouterais même ceci: partant de l’idée que notre cerveau est le siège de deux consciences (hémisphère gauche/hémisphère droit) on est en droit de se demander quelles sont les conséquences psychiques à long terme de l’utilisation du miroir. D’une part un cerveau gauche qui s’identifie à l’image inversée qu’il perçoit et d’autre part un cerveau droit (le spécialiste de la lecture des visages) qui ne comprend rien à cette image.


LE POINT BLANC DANS LE MIROIR ET
L’EFFET RENVERSANT DE L’IMAGE SURCHAUFFÉE

Maintenant que vous comprenez que le «low-tech» Miroir vous aliène d’une partie/faculté de votre système nerveux, partant de votre conscience, vous est-il possible de la récupérer? Oui c’est possible, et la solution vous surprendra par son extrême simplicité. Allez dans votre salle de bain, déchirez un morceau de papier hygiénique de la grandeur de l’ongle de votre petit doigt. Mettez de la salive sur un côté et collez-le sur le miroir de façon à ce que lorsque vous regardez votre visage le point blanc se situe à environ ¼ de pouce au-dessus de la base de votre nez.


Alors, vous tenant debout, bras allongés le long du corps, commencez à focuser vos yeux sur le point blanc, en même temps observez ce que vous sentez à l’intérieur de votre corps. Faites une sorte de scanning de la tête aux pieds tout en essayant de sentir vos énergies. Faites cela pendant une minute environ. Ceci aura pour effet de balancer et équilibrer les deux hémisphères de votre cerveau.

Je ne vous dirai pas ce qui pourrait se passer lorsque vous ferez votre point blanc dans le miroir. J’ai montré ce truc à des centaines de personnes et leur expérience peut être passablement différente de l’une à l’autre. De cette façon vous n’aurez aucune attente particulière sur ce qui devrait se passer. Faites-en l’essaie vous-même et ce qui se passera sera votre propre expérience. Soyez assuré toutefois que de façon subliminale il se passe quelque chose. Je peux vous dire cependant qu’à maintes reprises j’ai reçu le commentaire suivant:«J’ai senti comme si on m’avait enlevé un énorme poids de sur les épaules.»


Le simple fait de pratiquer ce petit exercice vous libère automatiquement de l’effet hypnotisant du miroir. Vous réintégrez automatiquement les énergies que vous gaspillez à maintenir en vie votre moi illusoire. Votre fausse image est un usurpateur que vous vous devez d’expulser de votre système nerveux. Alors dites Bye Bye à votre faux jumeau et faites votre «point blanc dans le miroir». Faites-en la preuve vous-même et vous comprendrez ce que je suis en train de vous expliquer. À l’avenir tâchez de vous souvenir que les miroirs vous aliènent de votre vrai MOI.


Lorsque vous devenez familiers avec votre propre énergie il vous devient facile de discerner, lorsqu’en présence d’autres personnes, à qui appartiennent les énergies que vous sentez. Cette faculté de «sentir» est un atout capital si l’on veut survivre dans l’ESPACE ACOUSTIQUE du VILLAGE GLOBAL. Souvenez-vous qu’à chaque fois que vous vous retrouvez face à un miroir vous courrez le risque de vous y faire aspirer et de devenir le servomécanisme de votre propre image miroir.


Maintenant que vous avez fait votre «point blanc dans le miroir», je vais vous indiquer un excellent moyen pour remplacer votre fausse image par une image beaucoup plus réaliste et authentique de vous-mêmes. Vous cliquez ICI.

                           

   
✉mailto:yvesdore@yahoo.fr?subject=YVESDORE.COM
                                                                                                                                            
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"Peu d’animaux se rendent
compte que leur image miroir est une illusion".
Martin Gardner

"L’image que l’homme a de lui-même est sa propre limite"
Saint Exupéry